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Coeur arraché.

Coeur arraché.
Le chant de la sirène m'a aidé à chasser le roi scorpion
Qui de son venin pompait mes dernières énergies
Mais c'est toujours avec l'esprit envoûté par son hymne langoureux
Que je continue ma route
Entre les arbres d'une forêt sombre et profonde
Je cherche le sentier
Qui me conduira entier
Vers les rivages de la douce mer
Car au fond de ses vagues bleutées
Se cache cette bien-aimée
Qui me fuit et ne veut me parler
Pourtant, il n'en fut pas toujours ainsi..

Sur le tapis du temps, une journée de printemps
Le corps en sang et le pommeau de l'épée brisé
Après avoir, contre un vil ours, lutté
C'est le coeur lésé que je me laissai aller.
Sur les vestiges d'un navire fatigué
Qui, je ne sais où, m'emmenait voguer
Milles images je vis dans ma tête défiler
Mais aucune, à la realité, ne pouvait me ramener.
J'atteignis, encore endormi
Les eaux peu profondes et brumeuses d'un abri.
Caché par les arbres et les rochers
Se tenait là, la demeure d'une sirène de toute beauté.

Pendant que mes yeux s'ouvraient lentement
Elle etait allongée contre moi, sur le sable,
Epongeant mon sang

De ses douces mains, elle calmait mes blessures.
Assomé par la douleur du combat passé
Je n'avais pas remarqué la douceur de son visage
Ses cheveux, blonds comme les blés,
Caressaient, avec sa peau laiteuse, le sable doré
Ses yeux où se confondent le vert et le bleu
Me regardaient furtivement, timidement
Son corps fin et léger
S'appuyait contre moi pour me proteger
Sa bouche pulpeuse, murmurait des mots qui embrassaient mes oreilles
Hélas, je ne me rendais pas compte de la douce merveille
Qui se tenait là devant moi.
C'est indifférent que je repartis dans mon embarcation
Pour rejoindre un familier horizon.
Parfois, depuis une falaise,
Je l'apercevais qui m'observait, cachée,
Et qui rapidement sous l'eau replongeait, vexée.

Mais un soir, après une terrible bataille
Je pris le large, de nouveau blessé,
Décidant de retrouver son repaire.
Après deux nuits sans succès
Elle me rencontra, sous le ciel étoilé.
Ses langoureux baisers et ses caresses
Tuèrent un instant, les souvenirs du combat
De ses belles mains, elle me déshabilla
Et c'est avec un regard malicieux qu'elle se posa sur moi
Ses grands mouvements et sa respiration
Invoquaient le chant du lagon.
Puis elle s'en alla, indifférente,
Au milieu du sable et des rochers, elle me laissa rêver.

Pourtant, d'elle je m'étais doucement épris,
Et je cherchai son abri toutes les nuits,
Rarement, elle répondait à mon appel
Envoûté par son charme, je n'avais d'yeux que pour elle
Mais quand elle répondait, c'était froidement
Elle semblait me montrer un coeur de glace
Qui pour l'amour ne laissait aucune place.
Ainsi, sur ces mots, elle retourna dans les océans.

Seulement, en retournant dans son royaume marin
Elle emporta quelque chose dans ses mains.
Mon coeur.
Elle le tenait avec insouciance, comme un vulgaire coquillage
Tandis que j'étais ivre d'amour pour elle, et abandonné sur le rivage.

Elle le détient, toujours, et continue à chanter, sous les eaux turquoises.
Je me suis enfoncé dans une forêt noire et périlleuse
Pour retrouver le sentier qui me conduirait
Vers celle qui m'enivre et me fait perdre mes sens.

Même si au fond, je continue à chercher, l'âme bien malheureuse
De n'être que le jouet d'une sirène facétieuse,
Je me resigne tout de même
A reprendre ma route, la solitude dansant à nouveau dans mes veines.

A la croisée des chemins, la sirène a chanté
En main, plus que le bouclier
Car c'est le coeur arraché que je pars lutter.



Kyne







# Posté le lundi 04 août 2008 06:49

Modifié le lundi 04 août 2008 14:27

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